Die Nacht : Remettez vous à l’Allemand

Plantée là, dans un coin du XVIe, la piscine Molitor fait partie de ces joyaux architecturaux passés aux mains des explorateurs urbains. Fermée à la fin des années 80, elle a fondé son mythe sur les raves des 90′s. Classée monument historique et promise à un avenir réinventé, la bâtisse semble inébranlable, refermée sur le trésor d’art de rue qu’elle couve.

Un cadre d’exception pour des projets ambitieux, à l’image de la résidence Die Nacht qui a offert au lieu une oraison funèbre des plus envoûtantes. Un mois, quatre dates, un dernier plongeon dans le grand bain, et quel plongeon.

Notre légendaire non-aptitude au booking de places nous avait privé des trois premières, celle-ci était immanquable. Malmenés par un timing inhabituel, nous arrivons presque dans les temps, en fin d’après midi, devant les portes vrombissantes. Trois petits pas nous séparent alors du bassin extérieur, mais l’atterrissage reste impressionnant. Jetlag.

Projetés dans un paradoxe mixant art-déco et post-ap, gilets à capuches et filles sorties de défilés, nous voilà.

Deux boîtiers, quelques heures, quelques bières aussi. La nuit s’approche, le son s’élève et prend le contrôle.

Difficile de partir sur une chronique musicale comme nous en avons l’habitude, tant l’atmosphère se joue de nos perceptions. Le line up envoie du lourd, c’est tout ce que l’on sait, et cette fois-ci, ça nous suffit.

Tous ont visiblement succombé au même syndrome, chacun à sa manière. Il y a ceux qui regardent le spectacle de loin, impassibles, ceux qui ne quittent pas leur état de transe pendant cinq heures, qui donnent tout, et ceux accrochés aux barrières de l’étage, comme hypnotisés par les seconds.

Puis soudain, la cadence ralentit, le volume s’efface, la masse disparait. Les quelques survivants, marathoniens de cette Die Nacht, rendent un dernier hommage aux murs graphés depuis le fond du bassin. Les bras vers le ciel, tous applaudissent. La nouvelle nuit s’achève sans crier gare, comme elle était arrivée.

Refaire quelques pas, se retrouver sur le bitume du XVIe, et se dire qu’ici, cela n’arrivera plus jamais.
Tout ce qui nous reste tient dans des cartes mémoires blindées… dont il ressortira une drastique sélection de photos et un projet vidéo.

La Die Nacht signait là sa dernière apparition à la Piscine Molitor, mais pas sa dernière édition. Les membres du collectif nous ont confié quelques uns de leurs projets : le programme est plus qu’alléchant. On vous conseille de garder un oeil bien ouvert sur le plus teuton des projets parisiens à la Deutsche Qualität confirmée.

Faites de beaux rêves
Quentin & Fabrice.

Un grand merci à Bastien pour le contact, à Yoann pour son temps et son accueil, à toute l’équipe de la Die Nacht pour cet iceberg de son et de béton.  

Et plein d'autres choses



One Comment

  1. [...] Les habitués de ces colonnes n’auront que faire d’une énième présentation du collectif Die Nacht, pour les autres, notre rencontre remonte à l’année dernière, au coeur d’une résidence aussi improbable que sublime au coeur de la défunte piscine Molitor (disponible ici). [...]


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